Releo nuestra poesía, lo que he querido decirte, lo que has querido decirme, y se siente como un barniz luminoso que va sedimentándose sobre las cosas. Como esa playa que encontraste, con esos barcos a la deriva, llenos de musgo que creció porque no se han movido de ese lugar. Esos barcos preparados para zarpar hacia la aventura. Así va surgiendo en mi alma una cierta enredadera que va poblándola dulcemente. La poesía absoluta es la que lo gobierna todo. La que nos penetra como el aguijón de una abeja, de una flecha, de un enjambre salvaje que se siente como la caricia de una pluma sobre la piel desnuda. Ha sido un viaje. La vida ha sido un viaje. Un impulso nómade acerca de lo trascendente. Me gustan los capítulos que se cierran cuando ya es el momento. Pero sobre todo los que se abren, cuando llega el momento. Ese momento de la poesía absoluta. He conocido la poesía. Nunca es lo mismo. Partir a la aventura siempre fue mi pasión. Las aventuras salvajes son las que traen los poemas. Esos poemas de los riscos donde vemos el plano completo. Partir a la aventura contigo es lo que ocupa mi corazón ahora. Porque las travesías deben un día comenzar, y en cada paso un verso. Eres Uranie con una brújula y un globo terráqueo y manejas mi impulso. La navegación de los horizontes. La poesía absoluta es una brújula y un globo terráqueo. Un compás que indica una cadencia que danza al ritmo del bombeo de la sangre por las venas. Como un corazón latiendo. La poesía absoluta es el corazón latiendo. Es la música que nos habita aunque no siempre la escuchemos. Cuando hay el silencio de la serenidad la sentimos. La escuchamos claramente. Y la enredadera, que nos invade. Es un grito suave. Como un gemido. Como un susurro. Como unas palabras al oído que erizan la piel. El deseo siempre es oscuro. Siempre es como el sol y abrasa. Siento que el carnaval de la expedición me lleva. Porque amar es entregarle nuestra brújula al destino. Al globo terráqueo. A Uranie y sus indicaciones sobrenaturales. Es confiar. Olvidar que se fue una vez ser humano. Pensarse itinerario mágico. Donde en cada detención hay un poema. Unas palabras que sugieren libros. Porque vivir es crear. Y amar es desglosar la poesía absoluta. Descifrar cada intervalo del asombro. De la sorpresa de los acordes del periplo. Siempre fui viaje. Lo que no conocía era lo lejos que podía llegar con tus palabras. Con nuestra poesía absoluta.
[fr] La poésie absolue
Je relis notre poésie, ce que j'ai voulu te dire, ce que tu as voulu me dire, et j'ai l'impression que c'est un vernis lumineux qui se pose sur les choses. Comme cette plage que tu as trouvée, avec ces bateaux à la dérive, pleins de mousse qui a poussé parce qu'ils n'ont pas bougé de cet endroit. Ces bateaux prêts à partir à l'aventure. C'est ainsi qu'émerge une certaine liane qui peuple doucement mon âme. La poésie absolue est celle qui régit tout. Celle qui nous pénètre comme la piqûre d'une abeille, d'une flèche, d'un essaim sauvage qui ressemble à la caresse d'une plume sur une peau nue. Cela a été un voyage. La vie a été un voyage. Un élan nomade vers la transcendance. J'aime les chapitres qui se referment quand il est temps. Mais surtout ceux qui s'ouvrent, quand le moment arrive. Ce moment de poésie absolue. J'ai connu la poésie. Elle n'est jamais la même. Partir à l'aventure a toujours été ma passion. Les aventures sauvages sont celles qui amènent les poèmes. Ces poèmes des falaises où l'on voit le plan tout entier. Partir à l'aventure avec toi, c'est ce qui occupe mon cœur maintenant. Car les traversées doivent un jour commencer, et à chaque pas un vers. Tu es Uranie avec une boussole et un globe terrestre et tu conduis mon élan. La navigation des horizons. La poésie absolue est une boussole et un globe. Un compas qui indique une cadence qui danse au rythme du sang qui pompe dans les veines. Comme un cœur qui bat. La poésie absolue est le cœur qui bat. C'est la musique qui nous habite même si nous ne l'écoutons pas toujours. Lorsqu'il y a le silence de la sérénité, nous le ressentons. Nous l'entendons clairement. Et la liane, qui nous envahit. C'est un cri doux. Comme un gémissement. Comme un murmure. Comme des mots dans l'oreille qui nous donnent des frissons. Le désir est toujours sombre. Il est toujours comme le soleil et il brûle. Je sens que le carnaval de l'expédition m'emporte. Parce qu'aimer, c'est donner notre boussole au destin. Au globe terrestre. À Uranie et à ses directions surnaturelles. C'est faire confiance. Oublier qu'il fut un temps où l'on était humain. Se considérer comme un itinéraire magique. Où à chaque arrêt, il y a un poème. Des mots qui suggèrent des livres. Parce que vivre, c'est créer. Et aimer, c'est décortiquer la poésie absolue. Déchiffrer chaque intervalle de l'étonnement. De la surprise des accords du périple. J'ai toujours été un voyage. Ce que je ne savais pas, c'est que je pouvais aller si loin avec tes mots. Avec notre poésie absolue.
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