El paraíso es algo que no conocemos, que a veces sentimos. Yo llevo en mi cuerpo a las personas que quiero, a las personas que quise, como Aldo, que van guiándome a cada paso, para acercarme a él. Reconozco las intervenciones que van haciendo en mi destino. Porque el destino va alineándose, se va modificando. Reconozco bien esos giros que el hado va haciendo suyos. Sé que están dirigidos por quienes me aman y me han amado. Porque la existencia de unx es permeable, a esa energía que nos habita, que nos rodea. Los llevo a todxs en mi cuerpo, por mi sangre. El vergel está creado de agradecimiento. La música de tus palabras es el azar absoluto que cae en mi alma como una fruta lista para entregarse. El vergel son todas esas frutas preparadas para lanzarse en picada al sentimiento. Tráiganlo todo a la vida. Que vuelvan a vivir todxs. Porque el corazón detenido está muy cerca del corazón que late. El mío palpita con devoción. Porque eso es lo que aprendí: al amor se va con el corazón completo. Todos sus fragmentos, los que tiemblan y los que vibran. Al amor se va con la esperanza intacta. Con todo lo que está dentro de unx. Lo diáfano de la incertidumbre. Lo más palpable y lo más recóndito. He abierto mi corazón, más de una vez: no tengo miedo. Tuve miedo, he tenido miedo. Lo he perdido todo más de una vez. Nunca hubo simulacros. La experiencia fue completa. Dejé todo lo que me componía en quienes me quisieron. Lo dejé todo. Me abandoné completamente porque al amor se va desnudo. Se va con valentía. Con la ilusión de la victoria eterna. Como Aldo vivió su vida, hasta lo más profundo del océano. Al amor se va con los brazos abiertos a la tormenta. El encuentro con los peces es definitivo. Al amor se va con sabiduría, con madurez, con alegría. Al amor se va con pasión y arrebato. Quienes me han dicho, amas demasiado profundo, no han comprendido la naturaleza de mi amor: es el corazón de la poesía. La emoción de no olvidar que se posee la vida. Al amor se va con fuego en el alma y agradecimiento en el cuerpo. Es lo que tengo para ti: un vergel silencioso. Un paraíso como el que tú me regalas. Al amor se va con confianza. Con deseo. Con el corazón abierto y el cuerpo desnudo. El vergel es de quienes aman con frenesí. Porque así nacimos: abiertos al amor y abiertos a la vida. Es tu sonrisa la que me guía. Tu mirada. El vergel eterno. Se condensa el universo. Al amor se va con las estrellas en el alma. Con humildad. Con ternura. Con el intenso deseo de vivir. El que conocí contigo. Que siga la celebración. Al amor se va con el vergel en la mirada.
[fr] Verger
Le paradis est quelque chose que l'on ne connaît pas, que l'on ressent parfois. Je porte dans mon corps les personnes que j'aime, celles que j'ai aimées, comme Aldo, qui me guident à chaque pas, pour m'en rapprocher. Je reconnais les interventions qu'ils font dans mon destin. Car le destin s'aligne, se modifie. Je reconnais bien ces rebondissements que le destin fait siens. Je sais qu'ils sont dirigés par ceux qui m'aiment et m'ont aimé. Parce que l'existence est perméable à cette énergie qui nous habite, qui nous entoure. Je les porte tous dans mon corps, à travers mon sang. Le verger est créé de la gratitude. La musique de tes mots, c'est le hasard absolu qui tombe dans mon âme comme un fruit prêt à se livrer. Le verger, ce sont tous ces fruits prêts à plonger dans le sentiment. Ramène tout cela à la vie. Laisse-les tous vivre à nouveau. Car le cœur arrêté est très proche du cœur battant. Le mien bat avec dévotion. Parce que c'est ce que j'ai appris : à l'amour, on y va avec tout le cœur. Tous ses fragments, ceux qui tremblent et ceux qui vibrent. À l'amour, on y va avec l’espoir intact. Avec tout ce qui est en nous. Le diaphane de l'incertitude. Le plus palpable et le plus caché. J'ai ouvert mon cœur, plus d'une fois : je n'ai pas peur. J'ai eu peur, j'ai connu la peur. J'ai tout perdu plus d'une fois. Il n'y a jamais eu de simulacres. L'expérience était complète. J'ai laissé tout ce qui me constituait à ceux qui m'aimaient. J'ai tout laissé. Je me suis abandonnée complètement parce qu'on va à l'amour tout nu. On y va avec courage. Avec l'illusion d'une victoire éternelle. Comme Aldo a vécu sa vie, jusqu'aux profondeurs de l'océan. À l'amour, on y va les bras ouverts vers la tempête. La rencontre avec les poissons est définitive. À l'amour, on y va avec la sagesse, avec la maturité, avec la joie. A l'amour, on y va avec la passion et le ravissement. Ceux qui m'ont dit, tu aimes trop profondément, n'ont pas compris la nature de mon amour : c'est le cœur de la poésie. L'émotion de ne pas oublier que l'on possède la vie. A l'amour, on y va avec le feu dans l'âme et la gratitude dans le corps. Voilà ce que j'ai pour toi : un verger silencieux. Un paradis comme celui que tu me donnes. À l'amour, on y va avec la confiance. Avec le désir. Avec un cœur ouvert et un corps nu. Le verger appartient à ceux qui aiment avec frénésie. Parce que c'est ainsi que nous sommes nés : ouverts à l'amour et ouverts à la vie. C'est ton sourire qui me guide. Ton regard. Le verger éternel. L'univers se condense. À l’amour, on y va avec les étoiles dans l’âme. Avec humilité. Avec tendresse. Avec l'intense désir de vivre. Celle que j'ai rencontrée avec toi. Que la fête continue. À l'amour, on y va avec le verger dans les yeux.
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