I want you, I want you so bad, it's driving me mad, cantan The Beatles, te deseo, te deseo tanto, que me está volviendo loca. Lloro en este presente luminoso. En este presente extático. En este verano del milagro. Ha sido un largo camino. Cuarenta y tres años, sin detenerme, y ahora qué. Me digo, Lisa, ¿tiene sentido continuar este libro? Todo es nuevo y distinto. Siempre hay que continuar. Siempre. Como sea, continuar. Pensar nuevas formas. Sentir nuevos horizontes. Transformar la poesía en grito. En manifestación alerta. En gemidos. En construcciones del paraíso. Te beso, en la plaza de la libertad, con fanfarria. Es la construcción de lo nuevo. De la explosión. La poesía se crea y se encuentra. Las dos cosas. La poesía se busca y se observa. La poesía se vive. El carnaval se vislumbra. Se entra en él. Hay que entrar hasta el fondo. Vivir la vida como si fuera un lago al que te lanzas en picada. Como los pájaros de alta mar que se arrojan a sus presas sumergiéndose en el agua con una gran velocidad desde el cielo. He visto ese fenómeno. Lo he vivido. Es el resultado de la intensidad de la literatura. De las ansias de arte. Mi arte tuvo dudas, hubo juicios, tribunales, condenas, hoy nada a sus anchas, en el mar de la libertad, del compromiso, del sentido, de la belleza. El arte tiene que nadar. Tiene que sumergirse y volver a salir. El camino literario es obstáculos y asombro. El camino del amor es tormentas, relámpagos y orquestas exuberantes y magnificentes. Es pequeñas flores en el prado y viento suave. Es paz. Las dos cosas son paz, cuando el camino se ha recorrido a consciencia, hay ese momento, sube y baja, pero el valle llega, para seguir su camino, ir y volver, sumergirse y salir, respirar, descansar y reír. Eso eres para mí. Eso es la literatura para mí. Ganas de vivir, ganas de expresar, de crear, de descubrir, de viajar, de sentir, de comprender, de hacer el amor, de disfrutar, de reír, de pasear, de nadar, de observar, de asombrarme. Eres mis ganas de vivir. Mis ganas de escribir. La inspiración absoluta. La creación invencible. El hechizo es completo. El amor y el arte es sentir profundamente el deseo de vivir. Para que el arte supere a la vida. El arte es lo que hace que la vida sea más interesante que el arte, dijo Robert Filliou. Yo tenía una vida, humilde, temblorosa, esperanzada, esperaba al borde del camino e iba observando, observando. Me sumergía y volvía a salir. Sonó la campanada de las doce. Detonó la explosión. Se acaba este libro, y comienza uno nuevo. Siempre comienza. Siempre el amor, siempre el amor. Siempre el arte y siempre el amor: tú.
[fr] Je t’embrasse, sur la place de la liberté, en fanfare
I want you, I want you so bad, it's driving me mad, Les Beatles chantent, je te veux, je te veux tellement, que ça me rend folle. Je pleure dans ce présent lumineux. Dans ce présent extatique. Dans cet été de miracle. La route a été longue. Quarante-trois ans, sans s'arrêter, et maintenant quoi. Je me dis : Lisa, est-ce que cela a du sens de continuer ce livre ? Tout est nouveau et différent. Il est toujours nécessaire de continuer. Toujours. Quoi qu'il en soit, continuer. Pour penser à de nouvelles façons de faire. Pour sentir de nouveaux horizons. Pour transformer la poésie en cri. En manifestation alerte. En gémissements. En constructions de paradis. Je t'embrasse, sur la place de la liberté, en fanfare. C'est la construction du nouveau. De l'explosion. La poésie est créée et trouvée. Les deux. La poésie est recherchée et observée. La poésie est vécue. Le carnaval est entrevu. On y entre. On doit y aller jusqu'au fond. Vivre la vie comme s'il s'agissait d'un lac dans lequel on plonge. Comme les oiseaux de haute mer qui fondent sur leur proie en plongeant dans l'eau à grande vitesse depuis le ciel. J'ai vu ce phénomène. Je l'ai vécu. C'est le résultat de l'intensité de la littérature. De l'aspiration à l'art. Mon art a eu des doutes, il y a eu des procès, des tribunaux, des condamnations, aujourd'hui il nage à l'aise, dans la mer de la liberté, de l'engagement, du sens, de la beauté. L'art doit nager. Il doit plonger et ressortir. Le chemin littéraire est fait d'obstacles et d'étonnements. Le chemin de l'amour, ce sont les tempêtes, les éclairs et les orchestres exubérants et grandioses. Il est fait de petites fleurs dans la prairie et de vent doux. C'est la paix. Les deux sont la paix, quand le chemin a été parcouru consciemment, il y a ce moment, il monte et descend, mais la vallée arrive, pour poursuivre son chemin, pour aller et revenir, pour plonger et sortir, pour respirer, pour se reposer et pour rire. C'est ce que tu es pour moi. C'est cela la littérature pour moi. L'envie de vivre, l'envie d'exprimer, de créer, de découvrir, de voyager, de sentir, de comprendre, de faire l'amour, de savourer, de rire, de marcher, de nager, d'observer, de s'émerveiller. Tu es ma volonté de vivre. Mon désir d'écrire. L'inspiration absolue. La création invincible. L’ensorcèlement est complet. L'amour et l'art, c'est ressentir profondément le désir de vivre. Pour que l'art dépasse la vie. L'art, c'est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art, disait Robert Filliou. J'avais une vie, humble, tremblante, pleine d'espoir, j'attendais au bord de la route et je regardais, je guettais. Je plongeais et je ressortais. La cloche de douze heures a sonné. L'explosion a eu lieu. Ce livre se termine, et un nouveau commence. Il commence toujours. Toujours l'amour, toujours l'amour. Toujours l'art et toujours l'amour : toi.
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