Cómo empezó esta locura, esta casa de Uranie perdida en medio de Biarritz que me llegó al alma sin saberlo. Cómo se desencadenó esta biblioteca suspendida que esperaba encontrar su eje para depositar todo el amor que contenía en su corazón extraviado. Dónde estaba ese corazón que vagaba por el espacio exterior, pero sin una órbita clara. Por qué se paseaba por esas calles sin destino. Esperando dar vuelta la esquina y advertir ese lago donde flotaba la alegría. Ese océano inmenso esperando hacerse carne. Ir por cada vena para irrigar todo prado florido que encontrara su paso. Pequeñas calles, pequeñas calles, una tras otras, y luego de subir la colina, ver. Ver la extensión. El horizonte. Entender la palabra amor, que parecía un jeroglífico a punto de borrarse. Apenas un pequeño rastro. Un susurro al oído, de pronto. Una estampida de manadas. Hambrientas. Amarlo todo. Mambo violento y fin del problema, como canta Rosalía. Así es sentir el amor. Un mambo violento. Que corre por las venas como si fuera corroyéndolas. Fuese evaporándose todo, por el fuego. No sé bien cómo era la vida. Distinta, sin duda. ¿Pero era una vida? De qué estaba compuesta. Urania me hace explotar ahora. Soy cada una de sus estrellas. Tráiganlo todo a la vida, tráiganlo. Esos castillos en la arena toman forma. Ese sueño que quedó guardado en el bosque. En maletas que se desvanecieron, sin volver a materializarse. Por qué estaba yo extraviada. Qué es lo que buscaba. En qué momento doblé esa esquina y Uranie me siguió. No me percaté hasta semanas después. Años. Eras de explosiones sin motivo, lejos mío. Muy lejos mío. Tu mirada que observaba el crepúsculo en el océano sin mi nombre. Pero yo estaba ahí. Siempre estuve ahí. Yo tampoco lo sabía. Observé esa casa, observé su nombre, su tipografía, su color, su forma. Me detuve. Pero no sabía. Uranie. Esa musa que se escondía. En una estrella. Seguí. Y una sombra alcanzaba mis pasos. El sol delirante intentando explicar. Pero todo parecía locura. Mi corazón alerta. Aquí está la vida, me dije. La sentí. Sentía que estaba ahí. En esas calles de Uranie. En esas estrellas. En esas olas suaves. En ese paseo hasta el gran palacio. El amor es un palacio. Un castillo hecho de versos y de caricias. Hecho de pasión y de ternura. Fui a esa ciudad y el amor no sabía. Qué es. Qué es, me dije. Pero en esas olas había algo grande. Algo hermoso. Pero el jeroglífico se borraba, no alcanzaba a ver su materialidad. En el gran faro, invoqué a la existencia. Le pedí que se quedara. Le dije, sé que en tus olas traes algo hermoso. Yo quiero que sea mío. No sé lo que es, pero la poesía es misteriosa, como Uranie y sus estrellas. Intuía los versos, escuchaba la melodía y resonaba con mi alma. Subí al barco. No sé qué traes dentro, le dije, pero sé que todo quedó sellado en esa biblioteca. En ese bosque indescifrable. Llévame, le dije, llévame. Si estas calles me han traído hasta aquí es que el destino, a veces, brilla como una estrella. Quiero amarte, quiero tu cuerpo, quiero tu musa, quiero ser tu estrella. Es la estación de la fiebre. Que me haga explotar esta fiebre. Hasta que pueda crearlo todo.
[fr] Uranie
Comment cette folie a commencé, cette maison d'Uranie perdue au milieu de Biarritz qui a touché mon âme sans le savoir. Comment cette bibliothèque suspendue s'est déchaînée, attendant de trouver son axe pour déposer tout l'amour qu'elle contenait dans son cœur perdu. Où était ce cœur qui errait dans l'espace, mais sans orbite claire. Pourquoi errait-il dans ces rues sans destination. En attendant de tourner au coin de la rue et de remarquer ce lac où flottait la joie. Cet immense océan qui attendait de se fair chair. Parcourant chaque veine pour irriguer toutes les prairies fleuries qui se trouvait sur son chemin. Petites rues, petites rues, l'une après l'autre, et après avoir gravi la colline, voir. Voir l'étendue. L'horizon. Comprendre le mot amour, qui semblait être un hiéroglyphe sur le point d'être effacé. Juste une petite trace. Un murmure à l'oreille, soudain. Une ruée de troupeaux. Affamés. Aimant tout. Mambo violent et fin du problème, comme le chante Rosalía. C'est comme ça qu'on ressent l'amour. Un mambo violent. Qui coule dans les veines comme s'il les corrodait. Qui évapore tout, par le feu. Je ne sais pas vraiment comment était la vie. Différente, sans doute, mais était-ce une vie ? De quoi était-elle composée ? Uranie me fait exploser maintenant. Je suis chacune de ses étoiles. Donne vie à tout cela, donne vie à tout. Ces châteaux dans le sable prennent forme. Ce rêve qui était gardé dans la forêt. Dans des valises qui se sont évanouies, pour ne plus jamais se matérialiser. Pourquoi étais-je perdue ? Qu'est-ce que je cherchais ? À quel moment j'ai tourné ce coin de rue et Uranie m'a suivie. Je n'ai réalisé que des semaines plus tard. Des années. Des époques d'explosions sans raison, loin de moi. Loin de moi. Ton regard observant le crépuscule sur l'océan sans mon nom. Mais j'étais là. J'ai toujours été là. Je ne le savais pas non plus. J'ai regardé cette maison, j'ai regardé son nom, sa typographie, sa couleur, sa forme. Je me suis arrêté. Mais je ne savais pas. Uranie. Cette muse qui se cachait. Dans une étoile. J'ai continué. Et une ombre a atteint mes pas. Le soleil délirant tentait d’expliquer. Mais tout semblait folie. Mon cœur en alerte. Voici la vie, me suis-je dit. Je l'ai sentie. J'ai senti qu'elle était là. Dans ces rues d'Uranie. Dans ces étoiles. Dans ces douces vagues. Dans cette marche vers le grand palais. L'amour est un palais. Un château fait de vers et de caresses. Fait de passion et de tendresse. Je suis allé dans cette ville et l'amour, je ne le connaissais pas. Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que c'est, me disais-je. Mais dans ces vagues, il y avait quelque chose de grand. Quelque chose de beau. Mais le hiéroglyphe se brouillait, je ne voyais pas sa matérialité. Dans le grand phare, j'ai invoqué l'existence. Je lui ai demandé de rester. J'ai dit : je sais que dans tes vagues, tu apportes quelque chose de beau. Je veux que ce soit à moi. Je ne sais pas ce que c'est, mais la poésie est mystérieuse, comme Uranie et ses étoiles. J'ai senti les vers, j'ai écouté la mélodie et elle a résonné avec mon âme. Je suis montée sur le bateau. Je ne sais pas ce que tu apportes à l'intérieur, lui ai-je dit, mais je sais que tout était scellé dans cette bibliothèque. Dans cette forêt indéchiffrable. Prends-moi, lui ai-je dit, prends-moi. Si ces rues m'ont amené ici, c'est parce que le destin, parfois, brille comme une étoile. Je veux t'aimer, je veux ton corps, je veux ta muse, je veux être ton étoile. C'est la saison de la fièvre. Que cette fièvre me fasse exploser. Jusqu'à ce que je puisse tout créer.
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