28 de octubre de 2024

3 meses [esp-fr]

Escribir y amar es el mismo gesto. La entrada en el palacio de lo desconocido. El esbozo del infinito. Amar es un recuerdo circular, como diría Barthes, la imposibilidad de vivir fuera del texto infinito. El libro hace el sentido, escribe Roland Barthes, el sentido hace la vida. Eres lo que me llega, no lo que yo llamo, como diría Barthes. El amor es como un texto, donde los bordes, la fisura, son imprevisibles, como diría Roland. Lo que atesoro del amor son las fallas, la posibilidad de ver a través de la grieta. La repetición del amor lo vuelve erótico, esa repetición excesiva me hace devenir excéntrica, me desplaza hacia ciertas regiones marginales de la música, como diría Barthes. Vivo en ciertas regiones marginales de la música desde hace tres meses. Observo a través de las fisuras y los libros que me llegan desde el faro. Ahí en lo alto van enviando señales intermitentes. Segundos de oscuridad y de luz. Lo desconocido da vértigo y embriaga. Troy es para mí la imposibilidad de vivir fuera del texto infinito, un recuerdo circular que se va adhiriendo a mi piel. Como pasear por un parque que ya conozco, pero que descubro siempre por primera vez. Recorrimos la ciudad de los grandes leones la semana anterior. Soñamos en la rue des fantasques, mientras transitábamos escaleras. Mi existencia con Troy está poblada de historias subterráneas. De cuentos fantásticos que saben abrirse camino. Tuve sueños, pero el definitivo siempre fue vivir en las historias. La poesía de Troy me sobresalta. Puebla mi asombro. Tal vez él no está consciente de las historias que lo gobiernan y que marcan su paso. Su poesía me conmueve. Amar tiene ese borde inquietante que nos despierta a la vida. 


[fr] 3 mois

Écrire et aimer, c'est le même geste. L'entrée dans le palais de l'inconnu. L'esquisse de l'infini. Aimer est un souvenir circulaire, comme dirait Barthes, l'impossibilité de vivre hors du texte infini. Le livre fait le sens, écrit Roland Barthes, le sens fait la vie. Tu es ce qui me vient, pas ce que j'appelle, comme dirait Barthes. L'amour est comme un texte, dont les bords, la fissure, sont imprévisibles, comme dirait Roland. Ce que je chéris dans l'amour, ce sont les failles, la possibilité de voir à travers la fissure. La répétition de l'amour le rend érotique, cette répétition excessive me fait devenir excentrique, elle me déplace vers certaines régions marginales de la musique, comme dirait Barthes. Cela fait trois mois que je vis dans certaines régions marginales de la musique. J'observe à travers les fissures et les livres qui me parviennent du phare. Là-bas, au sommet, ils envoient des signaux intermittents. Des secondes d'obscurité et de lumière. L'inconnu est vertigineux et enivrant. Troy est pour moi l'impossibilité de vivre hors du texte infini, un souvenir circulaire qui me colle à la peau. Comme une promenade dans un parc que je connais déjà, mais que je découvre toujours pour la première fois. Nous avons traversé la ville des grands lions la semaine précédente. Nous avons rêvé dans la rue des fantasques, en montant et en descendant les escaliers. Mon existence avec Troy est pleine d'histoires souterraines. De récits fantastiques qui savent se frayer un chemin. J'ai eu des rêves, mais le définitif a toujours été de vivre dans les histoires. La poésie de Troy me fait sursauter. Elle alimente mon émerveillement. Peut-être ignore-t-il les histoires qui le gouvernent et marquent son passage. Sa poésie m'émeut. Aimer a ce bord inquiétant qui nous éveille à la vie.

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